Histoire et Politique intérieure

L’Erythrée est indépendante de facto depuis 1991 et de jure depuis le 24 mai 1993.

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Histoire de l’indépendance :

De 1885 à 1941, l’Erythrée est colonisée par les Italiens. Cependant, après la bataille de Keren, perdue face aux britanniques en 1941, l’Erythrée est placée sous administration britannique.

Faute d’accord entre les alliés, l’administration britannique se poursuit jusque dans les années 1950. Au sortir de la guerre, la Grande-Bretagne propose de partager l’Érythrée entre l’Éthiopie et le Soudan selon les frontières religieuses. L’URSS, comptant sur une victoire communiste lors des élections italiennes, soutient dans un premier temps une rétrocession de l’Érythrée à l’Italie sous tutelle ou comme colonie. Les États arabes soutiennent quant à eux la formation d’un État indépendant.

En 1950, constatant l’absence d’un accord entre les alliés et face aux revendications nationalistes des érythréens, les Nations unies envoient une commission pour tenter de dégager une solution. La commission propose une fédération avec l’Éthiopie, proposition adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies. Une disposition met par ailleurs fin à l’occupation britannique à compter du 15 septembre 1952.

Une constitution est ratifiée par l’empereur éthiopien Hailé Sélassié le 11 septembre 1952. Elle devait offrir des droits démocratiques et une certaine autonomie à l’Erythrée, mais Hailé Sélassié s’empressa de limiter l’autonomie d’Asmara, et l’Erythrée fut rapidement traitée comme une province quelconque de l’empire.

L’opposition contre l’intégration pure et simple de l’Érythrée à l’Éthiopie débute en 1958 avec la fondation du Mouvement de libération de l’Érythrée (MLE) : mouvement d’étudiants, d’intellectuels et de travailleurs salariés citadins qui se livre à des activités politiques clandestines pour soutenir la résistance au pouvoir central impérial. Découvert, il est démentelé par les autorités impériales en 1962. Peu après, l’empereur Hailé Sélassié dissout le parlement érythréen de manière unilatérale et annexe le pays.

En 1961, le combat pour l’indépendance es repris par le Front de libération de l’Érythrée (FLE). Au début des années 1970, des divisions internes au FLE conduisent à une scission, entre le FLE d’un côté et le Front Populaire de Libération de l’Erythrée (FPLE), groupe laïc et de tendance marxiste dirigé par Issayas Afeworki. A la fin des années 1970, le FPLE a gagné le statut de principal mouvement de libération nationale.

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L’Erythrée depuis l’indépendance :

L’Erythrée est dirigée par le Front Populaire pour la Démocratie et la Justice (FPDJ), parti unique, qui succède au FPLE en 1994. Son leader, Issayas Afeworki, devient en 1993 le premier président du jeune Etat. Près de vingt ans plus tard, l’ancien "fighter" est toujours à la tête du pays.

Jusqu’en 1998, l’Erythrée incarna l’espoir d’une nouvelle ère dans les modes de gouvernance des Etats africains. Les autorités semblaient œuvrer à la mise en place d’institutions démocratiques et revendiquaient une transparence dans la gestion économique et financière qui rompaient avec les pratiques observées dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne.

Mais la guerre contre l’Ethiopie de 1998 à 2001 change la donne. Issue d’un différend frontalier symbolisé par la dispute pour le village de Badmé, attribué à l’Erythrée mais réclamé par l’Ethiopie, la guerre fait beaucoup de morts et met fin à tout espoir démocratique dans le pays.

La constitution n’a à ce jour pas été ratifiée, et le régime se durcit au fil des années. Aucune opposition n’est autorisée. ll est extrêmement difficile pour les citoyens de quitter le pays. Hors exception, ils doivent attendre d’être démobilisés, ce qui arrive rarement avant 40 ou 45 ans.

Les jeunes sont tous obligés de participer au service national, d’une durée indéterminée.
L’année de terminale, en outre, se déroule pour tous les jeunes érythréens à Sawa, un camp d’entraînement militaire dans lequel ils reçoivent une formation au métier des armes tout en suivant des cours ordinaires. Leurs résultats à l’examen de fin d’année détermine leur avenir. Les meilleurs pourront choisir la formation universitaire de leur choix, tandis que les moins brillants intègreront l’armée. Cependant, ce sont toujours les autorités qui choisissent l’emploi qui leur est attribué dans le cadre du service national, qui dure fréquemment plus de dix ans. Ce système est l’une des principales causes de fuite hors du pays, un phénomène aujourd’hui massif.

Seules quatre religions sont autorisées en Erythrée : l’Église orthodoxe érythréenne, l’Église catholique, l’Église luthérienne et l’Islam, étaient autorisés à pratiquer leur foi. Des membres de groupes religieux interdits sont souvent victimes de harcèlement, d’arrestation, de détention et de torture.

Les groupes d’opposition n’existent pas vraiment à l’intérieur du pays, mais nombreux sont ceux créés par des membres de la diaspora.

Dernière modification : 05/12/2012

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